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Projet de loi de finances 2019 : un budget en trompe l’œil

lundi 1er octobre 2018

Le projet de loi de finances (PLF) présenté aujourd’hui prévoit une hausse des dépenses à 390,8 milliards d’euros contre 386,8 milliards d’euros en 2018. Dans le même temps, les recettes baisseront de 291,4 milliards d’euros contre 306,3 milliards l’an passé.

Dans un contexte macro-économique contraint notamment par une croissance limitée, et par la hausse de l’inflation, le gouvernement met en avant, la baisse des prélèvements obligatoires pour les français et la promesse d’un gain de pouvoir d’achat.

Dans la réalité des chiffres, ce sont les entreprises qui semblent sortir à nouveau gagnantes de ce PLF avec près de 20 milliards d’euros de réductions de charges notamment via la transformation du CICE en baisse de cotisations sur les salaires (entre 1 et 2,5 SMIC).

Pour les ménages, 6 milliards d’euros de baisse sont annoncés (une somme déjà contestée par l’OFCE) grâce, principalement, au dégrèvement de la taxe d’habitation, à la bascule de cotisations de la CSG et à la défiscalisation des heures supplémentaires dont on peut craindre par ailleurs l’effet négatif sur l’emploi. Pour l’UNSA, ce déséquilibre en faveur des entreprises est préoccupant alors que les efforts budgétaires consentis par la nation depuis plusieurs années au bénéfice de celles-ci n’ont, à ce jour, pas produit d’effet probant sur les créations d’emploi.

Dans le même temps, la baisse annoncée de la fiscalité des ménages est remise en cause concrètement par la hausse des taxes sur les carburants, la désindexation et la moindre revalorisation de plusieurs allocations à dimension sociale comme l’APL. Qu’en sera-t-il également demain avec la réforme de l’assurance chômage et les projets de dégressivité des allocations ?

L’UNSA déplore également que les retraités soient devenus aujourd’hui la variable d’ajustement budgétaire avec pour l’écrasante majorité d’entre eux, une chute significative de leurs revenus entamée en 2018 et confirmée dans le projet de budget 2019.

Alors que le gouvernement espère contenir le déficit budgétaire à 2,8 % du PIB en 2019, l’UNSA est très préoccupée par la politique du rabot appliquée aux services publics de notre pays.

Les services publics et leurs agents à la diète…

Les diminutions de postes et de crédits dans des ministères aux missions importantes comme l’Éducation nationale, les finances ou le travail-emploi ne peuvent à terme que menacer des politiques publiques essentielles pour nos concitoyens.

Les créations d’emplois affichées pour l’armée, la police et la justice ne seront positives que si les plafonds d’emplois sont utilisés ce qui n’a pas été le cas jusqu’à présent. En 2017, 6000 emplois n’ont pas été consommés à la défense, 3450 au ministère de l’intérieur et 1000 à la justice.

Les autres services de l’État sont des gisements d’économies : les ministères de l’écologie, du travail, de l’agriculture et surtout des finances continuent à perdre des emplois. L’Éducation nationale, après cinq années de créations, doit rendre 1813 emplois malgré des hausses d’élèves attendus dans les collèges et les lycées.

Les agents publics ne doivent pas être considérés comme des travailleurs par ce gouvernement… L’UNSA regrette qu’aucune mesure salariale ne soit prévue, pour les fonctionnaires, dans ce budget après deux années de gel du point d’indice.

Contrairement aux autres salariés, ils ne verront pas leur salaire augmenter par une diminution des prélèvements pas plus que par la hausse de la valeur du point d’indice ; c’est une nouvelle injustice qui leur est faite. Elle est d’autant plus grande que l’inflation reprend (+2,3%).

Pour l’UNSA Fonction publique, ce budget augure mal de l’année qui vient. Il ne pourra que détériorer les services publics et les conditions d’emploi des agents.

Fonction publique, pour en savoir plus : https://www.unsa-fp.org/?PLF-2019-l...

Au total, les choix budgétaires apparaissent très discutables au regard des besoins de notre pays et de sa cohésion sociale.

C’est pourquoi, l’UNSA et ses syndicats utiliseront le débat budgétaire pour interpeller le gouvernement et la représentation nationale.

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