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Projet de loi de finances 2016 : est-il suffisant pour relancer la croissance ?

lundi 5 octobre 2015

Le projet de loi de finances prévoit 375 milliards de dépenses pour 301 milliards de recettes. Cela se traduit par une baisse de 2,4 milliards du déficit par rapport au budget voté en 2015. Les recettes proviennent principalement de 72 milliards d’impôts sur le revenu, 33 milliards d’impôts sur les sociétés, 145 milliards de TVA, 16 milliards de taxes intérieures sur les produits énergétiques.

. La réduction du déficit budgétaire est imputable à une diminution des dépenses dans la plupart des ministères hormis ceux considérés comme prioritaires, éducation et université, défense, sécurité, justice. L’UNSA constate que cette politique globalement restrictive risque d’avoir un impact négatif sur le fonctionnement de plusieurs services publics et sur la croissance car ce sont plus de 2 milliards qui ne seront pas injectés dans l’économie.

Cependant, selon le gouvernement, la baisse de l’impôt sur le revenu (moins 5 milliards pour 2016 après les 3 milliards de 2015) devrait bénéficier à 12 millions de ménages au total, soit 2/3 des contribuables. Pour l’UNSA, cette incidence positive sur le pouvoir d’achat doit cependant être nuancée du fait de l’augmentation des impôts locaux. Le gouvernement confirme la mise en place de la retenue à la source mais la diffère à 2018.

L’UNSA considère comme réalistes les prévisions de croissance à 1,5 % en 2016 affichées par le gouvernement. Cependant, ce taux est insuffisant pour réduire significativement le niveau du chômage l’an prochain. En effet, malgré une montée en charge du CICE et autres allègements des cotisations et de la fiscalité des entreprises de plus de 33 milliards cumulés depuis 2013, les créations d’emplois restent très insuffisantes à 130 000 nettes dans le secteur privé et permettront tout juste d’absorber les nouveaux actifs entrant sur le marché du travail.

Par ailleurs, faute d’une accélération nette des investissements productifs des entreprises qui n’ont augmenté que d’un peu plus de 1% en 2015, il est difficile d’affirmer que « la reprise est clairement engagée ». L’UNSA préconise le renforcement d’une politique européenne de stimulation de l’activité par l’investissement.

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