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Chiffres du chômage : une embellie à confirmer

lundi 2 mars 2015

Pôle Emploi vient de publier le 26 février, les chiffres du chômage de janvier 2015. Le nombre des demandeurs d’emploi sans aucune activité (catégorie A) a diminué de 0,5% en janvier dernier. Ce recul est le premier depuis août 2014. Mais ce bon chiffre est loin d’effacer la tendance annuelle qui reste très négative avec une augmentation de 4,8%, soit près de 160.000 chômeurs supplémentaires.

De plus si l’on tient compte de l’ensemble des catégories des demandeurs tenus de rechercher un emploi (catégories A, B, C) on constate que le chômage, au sens large, continue à augmenter (+0,3% par rapport à décembre 2014) et atteint un nouveau record, à 5.530.000 inscrits (+6,2% en un an), avec, en particulier, une croissance forte des demandeurs en activité réduite longue (plus de 78 heures par mois, soit, au minimum, un équivalent mi-temps).

De ces premiers constats, il ressort que pour l’instant la conjoncture économique contribue davantage à l’augmentation de la précarité qu’à la baisse du chômage. Il ne peut toutefois en être autrement avec une croissance du PIB comprise entre 0,4% (réalisé 2014) et 1% (prévision 2015), des gains de productivité moyens tournant autour de 1% et une population active qui continue à augmenter. En d’autres termes, le chômage ne diminuera pas réellement tant que le rythme de la croissance économique, n’excédera pas celui nécessaire pour neutraliser les effets des gains de productivité sur la création d’emplois et l’augmentation du nombre des actifs. La question est donc de savoir comment atteindre un taux de croissance annuel d’au moins 1,5%, soit approximativement les chiffres inscrits dans la loi de programmation des finances publiques (2014-2019), mais, à partir de 2016-2017. En conséquence, en l’état des données conjoncturelles, le chômage devrait continuer à augmenter pendant au moins un an encore.

Au-delà de ces indications générales, divers éléments doivent être pris en considération pour affiner le diagnostic

En premier lieu, on observe sans surprise que la baisse du chômage n’est pas uniforme. Elle bénéficie en particulier aux jeunes de moins de 25 ans (-1,4%) et aux hommes (-0,7% contre - 0,4% pour les femmes). A l’opposé, les seniors de 50 ans et plus (+0,1% en un mois et + 9,6% en un an) souffrent toujours davantage de la crise de l’emploi et de la sélectivité du marché du travail qui l’accompagne. Cette situation interroge nécessairement la politique de l’emploi (contrats de génération) même si dans ce contexte, celle-ci ne peut au mieux que modifier les positions relatives des demandeurs dans la file d’attente.

Un même questionnement vise les dispositifs de lutte contre le chômage de longue durée et surtout, de très longue durée (714 400 personnes au chômage depuis 3 ans et plus, soit +18,7% en un an), dont l’augmentation de 9,3% en un an nécessiterait des moyens bien plus importants que ceux récemment annoncés par le gouvernement.

Au total, il faut se réjouir de cette inflexion à la baisse de la croissance du chômage en ce début d’année, dans la mesure où elle est principalement imputable à la nette augmentation des reprises d’emploi (+2,6% en un mois et -7% en un an). De plus, cette évolution est à rapprocher du frémissement des embauches enregistrées depuis décembre dernier, y compris dans l’industrie et pas seulement sous le statut d’intérimaire. Rien n’autorise cependant à en conclure à un renversement net de tendance.

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