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Salaire minimum en Allemagne, déjà un impact positif

lundi 3 novembre 2014

L’UNSA a participé au séminaire franco-allemand organisé, le 23 octobre dernier, par Lasaire (Laboratoire social d’actions, d’innovations, de réflexions et d’échanges) et la fondation Friedrich Ebert sur la question du salaire minimum et des négociations collectives en France et en Allemagne.

Cette rencontre a débuté par une évaluation de l’impact du salaire minimum légal sur la négociation salariale en France et en Allemagne et s’est poursuivie par les exemples du commerce et de la métallurgie. Les conclusions ont été tirées par Joël Decaillon, Vice-président de Lasaire. Si la France bénéficie d’une longue expérience d’un salaire minimum, ce n’est pas le cas de l’Allemagne où il va être mis en œuvre le 1er janvier prochain. C’est une petite révolution pour les syndicats allemands que d’accepter une intervention du législateur, eux qui sont attachés à l’autonomie tarifaire qui est inscrite dans la Constitution.

Mais d’ores et déjà, ce rendez-vous a un impact sur les secteurs qui connaissaient un salaire inférieur à 8,50 euros qui est le taux retenu en Allemagne. Le processus de rattrapage est bien engagé. C’est surtout le secteur des services qui a pâti de salaires très bas, ce qui explique le combat mené par la fédération des services, VERDI. Aujourd’hui, toutes les fédérations syndicales y sont favorables du fait de la dégradation des conditions salariales en Allemagne. La couverture conventionnelle est réduite à moins de 60% et, en l’absence de salaire minimum, beaucoup de salariés ne touchent pas un salaire décent. Les syndicalistes allemands ne misent pas tout sur le salaire minimum mais comptent aussi sur les instruments de la négociation collective dont les conventions collectives et le minimum salarial par branche.

Lors de ce séminaire, les syndicalistes allemands ont dit tout le mal qu’ils pensaient des réformes du marché du travail introduites par le chancelier Schröder et le ministre du travail Hartz, dans le cadre du programme « Agenda 2010 ». Ils considèrent que la compétitivité allemande s’est améliorée malgré les réformes Hartz-Schöder.

Pour les syndicalistes allemands et français présents, le moment est venu d’instaurer un salaire minimum européen et donc de convaincre nos partenaires scandinaves et italiens.

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