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709

La CES met la pression sur la nouvelle commission européenne

lundi 27 octobre 2014

Luc Berille, secrétaire général de l’UNSA, accompagné par Emilie Trigo (conseillère nationale) et Michel Guerlavais (secrétaire national), a participé au comité exécutif de la Confédération européenne des syndicats (CES) qui s’est tenu à Bruxelles les 21 et 22 octobre dernier.

L’assemblée a adopté une déclaration forte en direction de la nouvelle Commission européenne afin de lui rappeler les positions et les revendications de la CES. Cette déclaration affirme que les politiques d’austérité ont échoué et qu’il est impératif de changer de cap. Au lieu d’améliorer la situation économique et sociale, celles-ci nous conduisent à une nouvelle récession avec un chômage au plus haut, une inflation au plus bas et un modèle social en danger. Elle souligne la nécessité d’une nouvelle voie pour l’Europe qui passe par un plan d’investissement de 2% du PIB européen par an sur 10 ans pour créer de nombreux emplois de qualité. A cet égard, elle mentionne l’accueil favorable de la CES au programme présenté par Jean Claude Juncker, le futur président de la Commission, qui manque toutefois d’ambition mais constitue un pas dans la bonne direction.

Dans le même esprit, le comité exécutif a réaffirmé les priorités de la CES avant que la Commission européenne ne publie son « examen annuel de la croissance » qui lance le processus du « Semestre européen » pour 2015. Pour la CES, le prochain examen annuel de la croissance sera le premier test pour mesurer les intentions et la volonté de la nouvelle commission européenne.

Le comité exécutif a approuvé une résolution qui définit la position de la CES sur un paquet « énergie-climat » en Europe pour la période 2020-2030. En effet, le Conseil européen des 23 et 24 octobre devait trouver un accord sur le sujet dans la perspective de la Conférence des Nations Unies sur le climat organisée à Paris en 2015. La CES demande à l’Union européenne (UE) et à ses États membres de lutter contre les changements climatiques via une stratégie de transition juste, adaptée aux circonstances nationales, associant les organisations syndicales et prévoyant des investissements principalement publics dans les technologies bas carbone, dans les compétences et les infrastructures. L’adoption par l’UE d’un cadre réglementaire est une condition nécessaire à la conclusion d’un accord international l’année prochaine mais elle est aussi une nécessité économique, sociale et politique pour une Europe fragilisée par sa dépendance énergétique.

Le comité exécutif a également rejeté la plupart des recommandations du groupe de haut niveau sur les charges administratives dit « groupe Stoiber » qui visent à réduire la réglementation européenne. Il a préconisé un nouveau cadre pour une plus grande démocratie au travail avec des normes plus strictes en matière d’information et de consultation ainsi qu’une représentation des travailleurs dans les conseils d’administration.

Le comité exécutif revendique qu’une aide internationale soit apportée et des mesures prises pour empêcher les massacres en Syrie et en Irak perpétrés par le soi-disant groupe « État islamique ». Avec la Confédération syndicale internationale (CSI), la CES lance un appel à la solidarité afin de répondre aux besoins des réfugiés.

Suite à la décision unanime du comité exécutif, la CES compte désormais deux membres de plus, les syndicats Nezavisnost et CATUS de Serbie.

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