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Conférence internationale sur l’Europe : quelle voie pour des emplois de qualité et la prospérité ?

lundi 29 septembre 2014

L’UNSA a participé à la conférence internationale organisée par la Confédération européenne des syndicats (CES) et l’Institut syndical européen (ETUI) qui s’est déroulée du 24 au 26 septembre dernier à Bruxelles. Cette grande conférence a vu se succéder à la tribune le président du Parlement européen, Martin Schulz, le commissaire européen, Laszlo Andor, un futur commissaire, Pierre Moscovici, des ministres, des députés européens, des membres de l’OIT, du FMI, de l’OCDE et de fondations, des syndicalistes, des universitaires et des chercheurs.

En ouverture de cet évènement ayant pour thème : « L’Europe à la croisée des chemins. Quelle voie pour des emplois de qualité et la prospérité ? », Bernadette Segol, secrétaire générale de la CES, a insisté sur trois termes : comprendre, proposer et agir.

Comprendre la situation financière, économique, sociale et politique inquiétante de l’Union européenne (UE) et plus encore de la zone euro.

Proposer car des alternatives à la politique d’austérité imposée notamment à la zone euro par les institutions européennes et plus particulièrement par la Troïka (FMI, Commission européenne et BCE) existent et la CES porte des revendications fortes.

Agir pour un Agenda social européen car l’Europe doit changer de cap.

Des 18 ateliers et 3 plénières s’est dégagé un consensus très large pour dire que la politique d’austérité conduite pour répondre à la crise a échoué. L’UE et la zone euro stagnent, la croissance est nulle, l’inflation est basse, l’endettement continue d’augmenter, le chômage se maintient à des niveaux record et les inégalités s’accroissent entre les États membres mais aussi au sein de ces États. Des interventions remarquables ont décrit la situation en Espagne, en Italie et en Grèce où les sacrifices imposés aux travailleurs et aux citoyens ont débouché sur des résultats négatifs. Nombreux sont ceux qui ont affirmé que la crise a été un prétexte pour s’attaquer au modèle social à savoir la protection sociale, les services publics, la place des partenaires sociaux et le dialogue social.

Ainsi, la crise n’est pas derrière nous. Un sursaut s’impose car autrement c’est le projet européen lui-même qui est en danger. Les dernières élections européennes ont confirmé le divorce entre les citoyens et l’Europe. La montée des partis d’extrême droite, démagogiques, xénophobes et racistes, constitue une lourde menace.

Une seule voix discordante, celle du représentant de BusinessEurope (l’association patronale européenne, à laquelle appartient le MEDEF) qui a déclaré qu’il n’existe pas d’alternative. Pour ce dernier, il faut continuer à assainir les finances publiques, à entreprendre des réformes structurelles, à prioriser la compétitivité, à flexibiliser le marché du travail et à renforcer la concurrence. En fait, malgré l’échec, il faut continuer et même accélérer.

Ceci étant, les lignes bougent. Le programme du prochain président de la Commission européenne, JC Juncker, a été cité à plusieurs reprises ainsi que les positions défendues par certains États membres et même par le FMI et l’OCDE. Tous les syndicats rassemblés au sein de la CES doivent en profiter et peser de tout leur poids en faveur d’ « une autre voie pour l’Europe » qui est le slogan de la campagne de la CES.

En conclusion, Bernadette Segol a rappelé que la priorité est un plan d’investissement européen et une ré industrialisation de l’Europe.

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