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L’Union européenne doit changer radicalement d’orientation

mercredi 9 juillet 2014

L’UNSA prend acte de la décision du conseil européen des 26 et 27 juin dernier de proposer la candidature de Jean-Claude Juncker à la présidence de la Commission européenne. Cette proposition est conforme à l’esprit du Traité de Lisbonne selon lequel le Conseil européen doit tenir compte des élections au Parlement européen.

L’UNSA exprime son désaccord quant à la décision du Conseil européen d’approuver les recommandations par pays formulées par la Commission européenne qui viennent conclure le semestre européen. En effet, ces recommandations donnent encore la priorité à la stabilité financière et à l’assainissement budgétaire choisie par la Commission et les institutions européennes depuis des années. Pour la France, cela signifie de ramener le déficit à 3% du PIB en 2015 et d’atteindre 1,3% en 2017. Mais les efforts présentés par la France ne suffisent pas, il faut aller plus loin. La Commission cite pêle-mêle la réduction des dépenses publiques y compris par une redéfinition de la portée de l’action des pouvoirs publics, la réduction sensible de l’augmentation des dépenses de sécurité sociale en fixant des objectifs plus ambitieux dans le domaine des soins de santé, en limitant le coût des retraites, en rationalisant les allocations familiales et les aides au logement, la fixation d’un plafond pour l’augmentation annuelle des recettes fiscales des collectivités locales et la réduction des subventions allouées par l’État. La Commission laisse entendre que le niveau du salaire minimum en France est trop élevé car il permet un pouvoir d’achat parmi les plus élevés de l’Union européenne. Elle préconise d’éliminer les obstacles réglementaires à la croissance des entreprises notamment en revoyant les critères de taille dans le but d’éviter les effets de seuils, de simplifier les autorisations d’ouverture de points de vente. Elle insiste sur la nécessité de prendre des mesures supplémentaires pour combattre la rigidité du marché du travail et pour réformer le système d’allocations de chômage.

Le Conseil européen reconnait que le chômage, notamment des jeunes, demeure à un niveau record inacceptable, que la pauvreté et l’exclusion sociale restent des sujets de préoccupation majeurs. Mais, il se contente de signaler la nécessité de mettre à profit les possibilités qu’offre le cadre budgétaire actuel de l’Union européenne pour concilier la discipline budgétaire et la nécessité de soutenir la croissance. Pour l’UNSA, le Conseil est loin de s’engager dans un grand plan d’investissement européen seul à même de relancer la croissance et de créer des emplois de qualité.

L’UNSA désapprouve le Conseil européen lorsqu’il se félicite des progrès accomplis dans le domaine de la règlementation affûtée et performante (le programme REFIT). En effet, sous couvert d’allégement de la charge réglementaire, la Commission européenne renonce à toute initiative réglementaire en matière sociale voire sape l’acquis social communautaire.

Enfin, le Conseil européen a approuvé le programme stratégique des principales priorités pour la durée du mandat de la prochaine Commission. Il retient cinq grandes priorités : une Union de l’emploi, de la croissance et de la compétitivité ; une Union à même de donner à tous ses citoyens les moyens de réaliser leurs aspirations et d’assurer leur protection ; vers une Union de l’énergie dotée d’une politique en faveur du climat tournée vers l’avenir ; une Union de liberté, de la sécurité et de la justice ; l’Union, un acteur mondial de premier plan. L’UNSA partage ces priorités, mais reste extrêmement sceptique quant à leur réalisation sans un changement radical d’orientation de l’Union européenne et de la zone euro.

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