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La lettre en ligne de l’Unsa
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Le 17 avril l’UNSA était reçue par le Premier ministre

mardi 22 avril 2014

Une délégation composée de Luc Bérille, Guy Barbier, François Joliclerc, Jean Grosset a été reçue par le Premier ministre entouré de François Rebsamen, ministre du Travail, Marisol Touraine, ministre de la Protection Sociale et de la Santé, Marylise Lebranchu, ministre de la Fonction publique.

La délégation de l’UNSA a rappelé ce matin qu’elle était favorable au pacte de responsabilité car, dans la situation grave que nous traversons, il y avait un besoin impératif d’une action volontariste pour viser la croissance et l’emploi. L’UNSA a rappelé qu’elle était une des trois organisations syndicales françaises à soutenir cette démarche, mais cette démarche, pour l’UNSA, est exigeante. Pour réussir le pacte de responsabilité, il s’agit de donner toute son importance au dialogue social. Comme méthode pour agir et suivre les réalisations concrètes, nous souhaitons que ces négociations aient lieu dans les branches et les entreprises, mais aussi dans les régions au plus près des bassins d’emplois.

Nous avons demandé que la Conférence sociale soit avant tout consacrée aux thématiques du pacte, ce qui permettrait encore une fois, avec tous les acteurs de la Conférence sociale, de nourrir cette action autour de résultats dans les branches, les entreprises.

Concernant les économies proposées, l’UNSA a réaffirmé sa volonté du maintien de notre modèle social : protection sociale et service public, et a donc réclamé la clarté sur les déclarations du Premier ministre du 16 avril.

L’UNSA souhaite des garanties : que le volume de financement de la protection sociale soit préservé, mais aussi un type de financement assurant la pérennité du système. L’UNSA a également souhaité qu’on arrête les mesures « de bric et de broc » et demandé une lisibilité en matière d’architecture générale du financement de la protection sociale (travail du Haut Conseil du financement de la protection sociale).

L’UNSA a fait part de ses inquiétudes concernant les 10 milliards d’économie sur la sécurité sociale en trois ans.

Sur le dossier de la fonction publique, c’est-à-dire le gel du point d’indice des fonctionnaires, l’UNSA a rappelé son opposition catégorique à cette mesure injuste qui accompagne souvent des conditions de travail détériorées dans les services. Elle a rappelé que la concertation sur les mesures de décentralisation ne pouvait être limitée aux seules associations d’élus et les organisations syndicales interprofessionnelles devaient aussi être consultées.

L’UNSA a indiqué qu’elle appelait avec les autres organisations à la journée d’action du 15 mai.

Enfin la délégation de l’UNSA a fait remarquer que, si elle était consciente des économies à réaliser pour combler le déficit, elle s’interrogeait, avec la Confédération Européenne des Syndicats, sur un cadrage européen trop rapide avec un respect des 3% dès l’année prochaine. Faut-il aussi, dans ce contexte européen dégradé, faire des économies aussi dures et aussi rapides qui impactent les salariés dans leur ensemble et qui risquent aussi d’impacter la demande et la consommation ? Dans ce cadre, l’UNSA a plaidé pour un rééquilibrage social des mesures annoncées : elle a demandé l’application sans délai du plan pauvreté et que la non indexation des prestations sociales épargne au moins, au-delà des minima sociaux, les salariés et retraités au niveau du SMIC.

Sur toutes ces questions, le Premier ministre et les différents ministres nous ont apporté des réponses : accord avec l’UNSA sur la mise en place rapide du pacte de responsabilité, la publication par l’Observatoire des résultats concrets (y compris les difficultés et blocages), accord pour des réunions au niveau des bassins d’emplois et des territoires. Des directives vont être données pour que, dès la fin du mois, les préfets, les responsables de Pôle Emploi, les DIRECCTES, préparent de telles réunions. Le ministre du Travail nous a donné acte aussi de sa volonté que la Conférence sociale tourne principalement autour du pacte de responsabilité. Concernant le financement de la protection sociale, la ministre de la Santé et de la Protection sociale a confirmé nos analyses sur l’indispensable lisibilité et clarté en matière de financement de la protection sociale et nous a indiqué qu’il ne s’agissait pas de 10 milliards en trois ans, mais de 3 milliards en trois ans, car étaient déjà intégrées les économies prévues dans les différents plans de financement de la protection sociale. Concernant le gel du point d’indice, le désaccord demeure, les salaires resteraient bloqués jusqu’en 2017. Concernant le plan pauvreté, aucune réponse ne nous a été apportée. Concernant le compte pénibilité, le Premier ministre et le ministre du Travail ont indiqué qu’ils ne lâcheraient pas sur cette question et que ce compte verrait le jour conformément à la loi sur les retraites.

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