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La lettre en ligne de l’Unsa
679

Les syndicats face à la nouvelle gouvernance économique européenne

mardi 11 février 2014

L’UNSA a participé aux entretiens de l’IRES qui se sont déroulés le 6 février dernier au Conseil économique, social et environnemental (CESE). Cette matinée ouverte par le président du CESE, Jean Paul Delevoye, et par le directeur général de l’IRES, Frédéric Lerais, a vu se succéder trois tables rondes axées sur le numéro spécial de la revue de l’IRES du mois de novembre 2013 : « Les syndicats face à la nouvelle gouvernance européenne ».

L’UNSA a estimé que l’analyse qui était faite de la nouvelle gouvernance économique européenne et de l’évolution de la CES était excessivement critique au point de poser la question : Notre avenir est-il encore dans l’Europe ? Pour l’UNSA la réponse est positive et il faut donc agir avec la Confédération européenne des syndicats (CES) contre les politiques néolibérales menées actuellement. Celles-ci sapent le modèle social européen et mettent en danger l’idée même de la construction européenne.

En outre, il est faux de laisser croire que le pouvoir serait détenu notamment par la Commission européenne alors que ce sont les 28 chefs d’État et de gouvernement qui décident. Nous avons insisté sur la nécessité de renforcer la gouvernance économique de l’Union européenne et surtout de la zone euro, l’Union économique et monétaire étant une spécificité de la zone euro. En effet, les Etats appartenant à cette zone ne peuvent plus recourir à la dévaluation de leur monnaie pour être compétitif.

Nous avons également souligné qu’il ne fallait pas confondre les instruments indispensables de la gouvernance et leur utilisation actuelle selon l’expression : « il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain ». La solidarité qui devrait être au cœur de la construction européenne passe forcément par une convergence plus grande voire une harmonisation des politiques des États et donc par un droit de regard des uns sur les autres. Chacun ne peut pas faire ce qu’il veut dans son coin en matière économique, budgétaire et fiscale. Contrairement à ce que peut laisser entendre la revue de l’IRES, la CES n’a pas pratiqué un syndicalisme d’accompagnement mais a pris en compte l’évolution de la réalité, de même qu’elle ne rentre pas « en sécession » mais condamne de plus en plus sévèrement une politique européenne de plus en plus négative. Proposer un « New Deal européen » ou un « Contrat social pour l’Europe » comme le fait la CES ne témoigne pas d’une volonté de rupture.

Enfin, nous avons regretté que la revue de l’IRES ne prenne pas suffisamment en compte la spécificité de la zone euro au sein de l’Union européenne, et du choix par les Etats membres d’une Europe intergouvernementale en lieu et place d’une Europe communautaire.

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