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La lettre en ligne de l’Unsa
678

Logement et emploi : terrain de précarisation mais aussi facteurs de développement

lundi 3 février 2014

L’UNSA, représentée par Martine Vignau, secrétaire nationale, a assisté à la présentation des grandes lignes du 19e rapport annuel de la Fondation Abbé Pierre, vendredi 31 janvier Porte de Versailles. Le thème du mal-logement en 2014 a confirmé les liens étroits entre la situation de l’emploi et celle du logement.

En effet, la précarisation de l’emploi nourrit les difficultés d’accès au logement digne, parallèlement, l’augmentation des expulsions est la conséquence de la perte ou la dégradation de l’activité professionnelle : c’est le cercle infernal de l’exclusion sociale.

Certes, des dispositifs publics d’intervention permettent de jouer leur rôle d’amortisseur de la crise économique, en particulier auprès des plus fragilisés, à travers les aides personnalisées au logement dont le budget s’élèvera en 2014 à 5,1 milliards avec 6,4 millions de bénéficiaires. Cependant, l’IGAS (Inspection Générale des Affaires Sociales) note une dégradation de l’efficacité de l’APL avec la flambée des loyers dans les grandes métropoles. On constate que les loyers ont doublé par rapport aux revenus des locataires depuis 1970, ce qui a pour conséquence la multiplication des impayés et en fin de course les appels au 115 pour les demandes d’hébergement en urgence sachant que 61% ne sont pas satisfaites faute de place.

La loi DALO montre ses limites quand on dénombre 1,7 millions de demandes de logement alors que seulement 150 000 logements sociaux sont produits par an soit 330 000 à 350 000 pour la période 2013-2017, quand il en faudrait 500 000. La vulnérabilité résidentielle n’est plus un phénomène marginal. Dans ce contexte, la lutte contre la pénurie de logements sociaux accessibles est une priorité. Pour se faire, la palette des prêts locatifs aidés (PLAI, PLUS…) doit y concourir, et participer à la résorption des 500 000 habitations déclarées indignes.

Avec l’ALUR (loi relative à l’accès au logement et urbanisation rénovée) un cadre juridique plus favorable semble émerger avec la mise en place de la régulation des loyers par des mesures d’encadrement, la garantie universelle des loyers (GUL), la création du Numéro unique à fin d’attribution d’un logement social, avec la SRU (loi relative à la solidarité et renouvellement urbain) l’obligation pour les communes de construire 25% de logements sociaux favorisant la mixité sociale garante de la cohésion nationale. D’autre part, la baisse à 5,5% de la TVA pour les travaux de rénovation thermique participera à la diminution des coupures après impayés. De surcroît, l’État débloque des terrains publics facilitant l’augmentation de constructions locatives du parc social.

Baisser des loyers, c’est augmenter le pouvoir d’achat, c’est diminuer les exclusions et la fracture sociale, c’est de l’ordre de la volonté politique.

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