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La CIT conclue ses travaux par l’adoption d’une série de conclusions importantes pour les droits des travailleurs dans le monde

mardi 2 juillet 2013

Réunie depuis le 5 juin 2013, la 102ème session de la Conférence Internationale du Travail a conclu ses travaux le 20 juin par l’adoption d’une série de contributions relatives à l’écologie et au travail décent, au dialogue social, à l’emploi et à la protection sociale pour une population qui croît et vieillit et à l’application des normes internationales du travail.

L’écologie peut contribuer à la réalisation des objectifs sociaux de l’OIT

Pour la première fois dans l’histoire presque centenaire de l’OIT, des délégués des gouvernements, des employeurs et des travailleurs ont abouti à une vision commune pour assurer une transition juste plus respectueuse de l’environnement. « L’écologisation des économies ouvre de nombreuses perspectives pour la réalisation des objectifs sociaux. Elle peut être un nouveau moteur de la croissance, à la fois dans les économies avancées et dans les pays en développement et un générateur important d’emplois décents et verts susceptibles de contribuer sensiblement à l’éradication de la pauvreté et à l’insertion sociale », indique le texte adopté par la Conférence. Les Etats sont invités « à écologiser l’ensemble des emplois et des entreprises en introduisant des pratiques plus performantes en matière d’énergie et ressources. Cela peut se faire en renforçant le dialogue social, en adoptant des politiques cohérentes, adaptées aux besoins de chaque pays et en accordant une attention toute particulière aux normes du travail, aux politiques industrielles et à l’appui aux micro et aux petites et moyennes entreprises ».

Pour l’OIT, le dialogue social est au cœur de la démocratie

Les délégués participant à la Conférence ont adopté un cadre d’action pour promouvoir et renforcer le dialogue social. Le texte réaffirme l’importance du dialogue social pour réaliser des progrès économiques et sociaux, soulignant qu’il incarne le principe démocratique fondamental selon lequel les personnes affectées par des décisions doivent avoir voix au chapitre dans le processus de décision. Face à la mondialisation de l’économie, le texte précise notamment que « La complexité croissante des chaînes d’approvisionnement mondiales crée de nouveaux défis pour les travailleurs puisque de nombreuses décisions qui les affectent sont dorénavant prises au-delà des frontières. Le tripartisme au niveau national ne suffit plus. Nous devons créer et renforcer de nouveaux espaces de dialogue social transfrontalier de manière à sauvegarder les droits et les intérêts des travailleurs ».

Pour l’OIT, l’accroissement et le vieillissement de la population est un défi pour l’emploi et la protection sociale

En 2050, il n’y aura plus que quatre personnes en âge de travailler pour chaque personne de plus de 65 ans, contre neuf en l’an 2000, précise le texte adopté par la Conférence. Il est donc proposé « une approche du monde du travail fondée sur le cycle de vie. Les politiques d’emploi et de protection sociale doivent être élaborées de manière à se renforcer mutuellement, compte tenu des particularités et de la diversité de l’emploi, des structures de revenus et des besoins des différentes catégories de population. » En matière d’emploi, le texte invite au développement des compétences et des perspectives d’emploi pour les jeunes, à des salaires convenables et des droits pour ceux qui travaillent et la protection sociale pour les chômeurs, ainsi que des possibilités d’emploi et de formation pour les travailleurs âgés et des pensions pour les retraités. Pour les retraites, face à la diversité des situations des pays et des choix difficiles, le texte recommande que « les politiques s’efforcent d’assurer le caractère adéquat et prévisible des pensions et une transition graduelle et souple de la vie active à la retraite grâce à des mesures telles que le départ progressif à la retraite, le travail à temps partiel et le partage du travail ».

La commission d’application des normes du travail de l’OIT a examiné 25 cas critiques

La Commission de l’application des conventions et recommandations a examiné 25 cas posant des problèmes en matière d’application des droits au travail, ainsi qu’un cas de progrès sensibles. Les 25 cas concernent les pays suivants : Arabie saoudite, Bangladesh, Bélarus, Cambodge, Canada, République de Corée, République dominicaine, Egypte, Espagne, Fidji, Grèce, Guatemala, Honduras, République islamique d’Iran, Kenya, Malaisie, Mauritanie, Ouzbékistan, Pakistan, Paraguay, Sénégal, Swaziland, Tchad, Turquie et Zimbabwe. La Commission a spécialement attiré l’attention sur trois cas concernant le Bélarus, les Fidji et l’Ouzbékistan. Dans le cas de l’Islande, la Commission a relevé des progrès significatifs dans la manière dont ce pays a mis en œuvre l’une des conventions. Par ailleurs, l’étude d’ensemble discutée par la Commission portait cette année sur la négociation collective dans la fonction publique. C’est la première étude conduite sur la convention 151 concernant les relations de travail dans la fonction publique, sur la convention 154 concernant la négociation collective, la 159 sur les relations de travail dans la fonction publique et la recommandation 163 sur la négociation collective.

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