Unsa-info
La lettre en ligne de l’Unsa
651

Prévenir les tragédies sur les lieux de travail : l’UNSA rencontre la ministre du commerce extérieur

mardi 28 mai 2013

L’UNSA a participé à la rencontre organisée par la ministre du Commerce extérieur, Nicole Bricq, le 23 mai dernier suite à l’effondrement de l’immeuble du Rana Plaza où se trouvait une usine textile au Bangladesh. Cet accident industriel est le plus meurtrier de l’histoire de ce pays.

L’UNSA a participé à la rencontre organisée par la ministre du Commerce extérieur, Nicole Bricq, le 23 mai dernier suite à l’effondrement de l’immeuble du Rana Plaza où se trouvait une usine textile au Bangladesh. Cet accident industriel est le plus meurtrier de l’histoire de ce pays. La ministre a convié les syndicats, des entreprises, des fédérations professionnelles et le MEDEF, ainsi que des ONG afin de formuler des propositions concrètes pour faire progresser le respect des plus hautes exigences sociales et environnementales dans le commerce international. Le député Dominique Potier était également présent au titre du Cercle de réflexion parlementaire sur la responsabilité sociale des entreprises (RSE).

L’UNSA s’est félicitée de cette initiative ainsi que de la décision de la ministre de saisir le Point de contact national français, dont l’UNSA est membre, afin de clarifier les responsabilités des entreprises françaises potentiellement concernées.

Dans son intervention, l’UNSA a rappelé que la Confédération syndicale internationale (CSI) et la fédération syndicale internationale IndustriALL ont des mots très durs pour qualifier « l’audit social » auquel recourent les entreprises. Ainsi, la firme BSCI a récemment délivré des certificats de conformité à plusieurs fabriques basées dans l’immeuble sinistré du Rana Plaza. Par conséquent, persévérer dans le sens de la promotion de l’audit social d’entreprise n’est pas la solution au problème.

Pour l’UNSA, il faut soutenir la déclaration commune publiée par les partenaires tripartites à l’issue de la mission de Haut niveau que l’OIT a envoyée au Bangladesh début mai. Le premier point prévoit qu’un projet de réforme du droit du travail pour améliorer la protection, en droit et en pratique, des droits fondamentaux à la liberté syndicale et à la négociation collective ainsi que la santé et la sécurité au travail, sera soumis au Parlement au mois de juin. Il est en effet essentiel que les conventions fondamentales de l’OIT soient respectées partout dans le monde. D’ailleurs les participants à cette rencontre, travailleurs, employeurs et gouvernement se retrouveront à la Conférence annuelle de l’OIT qui débute le 5 juin à Genève, et pourront traiter de ce sujet plus particulièrement dans le cadre de la discussion des normes de l’OIT et de l’objectif stratégique du dialogue social. Il est d’autre part intéressant de noter l’engagement des grandes marques internationales de l’habillement à mettre en œuvre l’Accord sur les incendies et la sécurité des bâtiments au Bangladesh.

L’UNSA partage la volonté de la ministre de recourir au système de préférences généralisées (SPG) dont dispose l’Union européenne (UE) pour sa politique commerciale. Ce SPG compte le régime spécial d’encouragement à la protection des droits des travailleurs. Il faudrait que l’UE soit plus exigeante sur le respect des conditions qui viennent en contrepartie de préférences commerciales. Rappelons que la politique commerciale est une compétence exclusive de l’UE.

D’autre part, il conviendrait sûrement de revoir le Programme d’action 2011-2014 en matière de RSE de l’UE. Il ne suffit plus d’inviter les entreprises à agir de manière responsable ; des mesures plus contraignantes s’imposent dans une série de domaines. Cette exigence vaut également pour le plan national en préparation visant à promouvoir la RSE.

| Mentions légales | Archives | Suivre la vie du site | Unsa