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610

CSI : violation des droits syndicaux en 2011

lundi 18 juin 2012

Dans son rapport annuel 2012, la Confédération syndicale internationale (CSI) dresse un état bien sombre des violations des droits syndicaux dans le monde l’an passé. Les violations sont nombreuses et, selon des degrés divers, touchent toutes les régions. Les droits syndicaux ne sont jamais acquis et la tendance est forte, surtout en période de crise, de vouloir raboter les droits et d’écarter les contre-pouvoirs indispensables à la démocratie.

C’est au Moyen-Orient et en Afrique du Nord que la répression des droits syndicaux est la plus forte. Lorsque le peuple a revendiqué la reconnaissance de ses droits démocratiques, les syndicats sont intervenus pour jouer un rôle prédominant, notamment en Tunisie et en Egypte. Ils en ont payé le prix fort. Pour certaines personnes, la défense de leurs droits syndicaux peut être fatale. En 2011, au moins 76 décès de travailleurs sont directement imputables à leurs activités syndicales, sans compter celles et ceux qui ont perdu la vie lors des manifestations du printemps arabe. 29 personnes tuées en Colombie et 10 au Guatemala dans une impunité quasi-totale. De nombreux décès sont dus à la violence des forces de police (Afrique du sud, Indonésie, Bangladesh…). Les mouvements de grève sont fortement réprimés – licenciements massifs, arrestations et détentions – notamment en Géorgie, au Kenya, en Afrique du sud et au Botswana. Il n’existe toujours pas de liberté syndicale en Arabie saoudite, aux Emirats arabes unis, en Erythrée, au Soudan et au Laos. En Chine et en Syrie, le principe du syndicat unique permet de contrôler les salariés. Le groupe probablement le plus vulnérable reste les quelque 100 millions de travailleuses et de travailleurs domestiques, souvent de jeunes femmes migrantes. Les travailleurs migrants, dans leur ensemble, constituent une population maltraitée particulièrement dans les Etats du Golfe. Dans les pays développés et démocratiques, les gouvernements ont également attaqué les droits syndicaux (Canada, Nouvelle Zélande, Grèce, Portugal, Hongrie, Roumanie). Face à cette situation, la CSI continuera son combat pour le respect des normes internationales du travail au travers de campagnes de solidarité, de pressions sur les gouvernements et par-dessus tout en recourant aux mécanismes de l’OIT (Convention de l’OIT relative au personnel domestique, socle de protection sociale à l’échelle mondiale).

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