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La lettre en ligne de l’Unsa
594

Nos raisons d’être présents dans les rassemblements et manifestations à l’appel de la Confédération Européenne des Syndicats

mardi 28 février 2012

Nous publions des extraits du projet de déclaration du secrétaire général de l’UNSA, Luc Bérille, pour le rassemblement intersyndical Place de la Bastille à Paris le 29 février à 12 heures.

« Ce n’est pas seulement en tant que salariés français que nous sommes rassemblés aujourd’hui mais d’abord en tant que salariés européens. En effet, ce même 29 février où nous nous réunissons à Paris, des militants et des salariés comme nous agissent dans toute l’Europe et dans ses principales villes, sous diverses formes, avec leurs syndicats, pour répondre à l’appel de la Confédération Européenne des Syndicats… Nous le faisons parce que, confrontés à une crise monétaire, économique, sociale d’une ampleur internationale inégalée, nous savons qu’il est impératif de disposer d’une réponse européenne. Mais si nous le faisons ensemble aujourd’hui dans tous les pays d’Europe, à la veille du sommet européen qui se réunira à Bruxelles, c’est pour dire que cette réponse européenne solidaire et sociale que nous serions en droit d’attendre n’est pas celle que les chefs d’État ou de gouvernement de l’Union Européenne s’apprêtent à adopter… Alors, oui, il est essentiel qu’ils entendent, ces chefs d’État ou de gouvernement, qu’ils entendent que les plans d’austérité qui s’empilent depuis des mois pour faire des salaires, des retraites, de la protection sociale, de la réglementation du Travail, de la négociation sociale elle-même, les variables d’ajustement qu’il faudrait réduire de façon obligée, qu’ils entendent que les salariés ne peuvent l’accepter !... À l’UNSA, avec la Confédération Européenne des Syndicats, nous sommes porteurs d’alternatives car Europe peut et doit aussi rimer avec justice sociale, développement et espérance. Oui, nous avons besoin d’une gouvernance européenne mais son objectif doit être d’éviter le dumping social et salarial, pas de le généraliser, d’offrir un cadre commun permettant aux États membres de surmonter leur endettement et de remédier au chômage, pas de les y enfoncer. Oui, nous avons besoin d’une Europe qui soit au service des citoyens, pas des marchés, une Europe au service de ses États membres contre la spéculation, pas pour les spéculateurs, une Europe qui, pour cela, taxe les transactions financières, émette des euro-obligations, protège les investissements, vise l’emploi et le développement durable pas la ruine de ses citoyens et de ses salariés !... Alors, je sais bien que nous sommes en France. Je sais bien que l’austérité qui y est déclinée y emprunte des axes très particuliers. C’est ainsi qu’une fraction de TVA supplémentaire vient tout d’un coup d’y être baptisée de sociale alors même que, si elle est bien payée par tous les consommateurs, elle pèse d’autant plus lourd que l’on a peu de revenus. C’est ainsi aussi que l’on aura taxé les malades, et singulièrement les plus modestes d’entre eux, en renchérissant leur couverture complémentaire, principalement mutualiste. Et des exemples de cette nature où les salariés, et les plus pauvres d’entre eux, sont les principales cibles des efforts à faire, nous n’en manquons pas, nous qui les avons dénoncés ensemble en intersyndicale… Et je sais bien aussi que, disant cela, aujourd’hui, au nom d’un syndicat - je veux dire « d’un corps intermédiaire » -, je risque tout d’un coup d’être soupçonné puisque ce thème a été récemment introduit dans la campagne électorale en cours. Eh bien, le syndicat va quand même faire son travail ! Car nous sommes tout simplement dans notre rôle démocratique en disant ce pour quoi nous sommes mandatés. Et ne nous y trompons pas, en prenant démagogiquement à témoin l’opinion contre nous, ce n’est pas simplement la démocratie sociale que l’on attaque, c’est la démocratie tout court. Et au nom des salariés que nous représentons, parce que, rappelons-le tout de même, ils nous ont choisis librement par leur adhésion et par leur vote, je voudrais dire ici, pour l’UNSA, que personne n’a à gagner à ce climat nauséabond de suspicion… ».

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