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580

Succès du L20 et l’esprit du G20 est de retour

mardi 8 novembre 2011

L’UNSA a participé au Sommet du travail (L20) organisé par le mouvement syndical international (Confédération syndicale internationale ou CSI, Commission syndicale consultative auprès de l’OCDE ou TUAC et Global Unions), qui s’est tenu à Cannes du 2 au 4 novembre en marge du Sommet des chefs d’État et de gouvernement (G20).

Les dirigeants syndicaux, venant des pays appartenant au G20, ont débattu de la crise financière, économique et sociale qui, après avoir englouti une grande partie de l’économie mondiale en 2008, entre dans une nouvelle phase extrêmement périlleuse.

Ils ont, dans une déclaration syndicale, appelé les responsables politiques à adopter un plan en quatre points axé sur l’emploi et la croissance, qui non seulement endiguerait la crise actuelle mais façonnerait un monde plus juste et plus durable pour l’avenir. Ils ont défendu cette position lors de rencontres avec le Secrétaire général de l’ONU (Ban Ki Moon), le directeur général du BIT (Juan Somavia), le Président de la Commission européenne (José Manuel Barroso), la directrice générale du FMI (Christine Lagarde), le directeur général de l’OMC (Pascal Lamy), le secrétaire général de l’OCDE (Angel Gurria). Des délégations ont également rencontrées 14 chefs de gouvernement avant ou pendant le Sommet. Les dirigeants syndicaux ont approuvé une déclaration avec le groupe des employeurs qui tenait eux aussi un Sommet à Cannes (B20). Cette déclaration permet d’inscrire la présence des partenaires sociaux dans le processus du G20 et d’affirmer des positions communes sur l’emploi, la protection sociale, les principes et droits fondamentaux au travail, la cohérence des actions menées dans le cadre du système multilatéral. Le bilan du G20 est intéressant si l’on s’en tient au communiqué final. Les chefs d’État et de gouvernement reconnaissent que la reprise mondiale s’est essoufflée et que le chômage atteint des niveaux inacceptables. Ils s’engagent en faveur d’une stratégie mondiale pour la croissance et l’emploi comprenant un Plan d’action. Ils se disent résolus à renforcer la dimension sociale de la mondialisation et fermement convaincus que l’emploi et l’intégration sociale doivent être au cœur de leurs actions et de leurs politiques. Ils décident de mettre en place un groupe de travail du G20 qui s’intéressera prioritairement à l’emploi des jeunes et auquel les syndicats seront associés. Ils reconnaissent qu’il est important d’investir dans des socles de protection sociale qui soient adaptés à chaque situation nationale. Ils encouragent l’OIT à continuer de promouvoir la ratification et l’application des huit conventions fondamentales garantissant les principes et les droits fondamentaux au travail. Ils se félicitent des résultats du B20 et du L20 et de leur communiqué conjoint. Dans un chapitre intitulé « Réformer le secteur financier et renforcer l’intégrité du marché », les chefs d’État et de gouvernement déclarent vouloir tenir leurs engagements pris à Washington en 2008 et poursuivre la réforme du système financier international. Ils veulent s’attaquer à la volatilité des prix des matières premières et promouvoir l’agriculture. Ils veulent également améliorer les marchés de l’énergie et poursuivre la lutte contre le changement climatique et faire face aux défis du développement. En revanche, ils se contentent de reconnaître les initiatives prises par certains pays pour taxer le secteur financier dont une taxe sur les transactions financières (TTF). Ils affirment leur volonté de réformer la gouvernance mondiale pour le XXIème siècle et appellent les organisations internationales, notamment les Nations Unies, l’OMC, l’OIT, la Banque mondiale, le FMI et l’OCDE à renforcer leur dialogue et leur coopération, notamment sur l’impact social des politiques économiques. Certes, le résultat n’est pas parfait et le décalage est grand entre ces annonces et les politiques mises en œuvre actuellement, notamment en Europe. Mais, il est tout aussi indéniable comme le souligne la CSI que le « G20 est de retour » avec des progrès en matière d’emploi et la remise en selle de l’économie réelle. Le mouvement syndical continuera d’agir afin que les chefs d’État et de gouvernement mettent réellement en œuvre les engagements pris.

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