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La lettre en ligne de l’Unsa
566

Conclusions du semestre européen : Inacceptable !

mardi 21 juin 2011

L’UNSA conteste les orientations préconisées par la Commission européenne pour politiques nationales 2011-2012 ainsi que les recommandations adressées à la France. Au terme du premier semestre européen de coordination des politiques économiques, la Commission se prononce encore une fois en faveur d’une politique d’austérité pour l’ensemble des Etats membres, tout en reconnaissant que la colère et la frustration se manifestent un peu partout. Cet entêtement de la Commission, largement inspiré par les États membres, confirme la nécessité d’une réaction de la Confédération européenne des syndicats (CES).

L’UNSA qui participe à la journée de mobilisation européenne et nationale du 21 juin, demande au Président de la République de prendre en compte les propositions portées par la CES et l’ensemble de ses organisations affiliées, dont l’UNSA, notamment lors du Conseil européen des 23 et 24 juin prochain.

Pour la France, la Commission considère que le scénario macroéconomique sur lequel se fondent les projections budgétaires est trop optimiste et recommande des mesures supplémentaires afin que le déficit excessif soit corrigé en 2013 au plus tard (retour sous la barre des 3%). Elle demande à la France de se conformer à la recommandation d’un effort budgétaire annuel moyen supérieur à 1% de PIB sur la période 2010-2013. Elle relève de manière positive que la France a adopté une nouvelle réforme de son système de retraite en 2010 qu’il convient de mettre rapidement eu œuvre. Elle déplore que la législation actuelle sur la protection de l’emploi reste trop stricte et précise qu’une insécurité juridique entoure les conditions du licenciement économique et que de lourdes obligations de reclassement s’appliquent aux licenciements collectifs de masse (plans de sauvegarde de l’emploi). Elle note que le déficit courant de la France s’est progressivement creusé durant la dernière décennie. Ce résultat serait dû à la dégradation de la balance commerciale des biens, provoquée en partie par une perte de compétitivité sur les coûts salariaux après la réintroduction, sur la période 2003-2005, d’un salaire minimum unique. « Heureusement » selon la Commission, des améliorations ont été apportées à la procédure d’indexation (création d’un comité consultatif d’experts indépendants, suppression des augmentations discrétionnaires) qui conduisent à une modération de la hausse du salaire minimum. Toutefois, ce dernier reste l’un des plus élevés de l’Union européenne. Ce propos est franchement inacceptable car le SMIC plafonne à 1365 euros brut par mois, soit 1070 euros net !

L’UNSA condamne avec force cette gouvernance économique qui nie les souffrances endurées par les populations. Cette gouvernance économique est injuste socialement et inefficace économiquement. Pour l’UNSA, il est urgent que la Commission et les Etats membres changent de cap.

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