Unsa-info
La lettre en ligne de l’Unsa
552

CES : Pour la croissance et l’emploi, et contre la gouvernance par l’austérité, l’Europe syndicale se mobilise

lundi 14 mars 2011

L’UNSA a participé au Comité exécutif de la CES des 8 et 9 mars dernier qui a été largement dominé par le problème de la gouvernance économique qui est central pour l’avenir de l’Europe sociale. A la veille du sommet des chefs d’État et de gouvernement de la zone euro sur le Pacte de compétitivité le 11 mars, la CES les a appelés à renoncer à la gouvernance par l’austérité pour choisir une politique résolument tournée vers la croissance et l’emploi. Pour appuyer cette revendication, le Comité exécutif a décidé d’organiser un rassemblement européen à Bruxelles le 24 mars au moment même où se réunira le Conseil européen et a confirmé l’Euromanifestation du 9 avril à Budapest. L’UNSA participera aux actions programmées.

Désaccord total sur la gouvernance économique de l’UE

Le Comité exécutif a adopté une résolution très ferme sur la gouvernance économique européenne. En effet, le désaccord est complet avec les autorités européennes et les chefs d’État et de gouvernement qui ont choisi de mettre en œuvre des politiques d’austérité très dures, de renforcer les sanctions à l’égard des États récalcitrants, surtout de diminuer les salaires, les droits sociaux et l’autonomie de négociation des partenaires sociaux. La CES rejette catégoriquement cette politique car ce ne sont pas les salaires qui sont la cause de la dette. Loin de restaurer la confiance, l’austérité enferme les économies dans une spirale de faible croissance.

Pour la CES, l’Europe doit d’urgence changer de cap et adopter des propositions positives de gouvernance économique. Elle revendique une action solidaire pour combattre l’endettement des États membres de la zone euro et un plan de relance européen de l’ordre de 1% de PIB pour lutter contre le chômage, particulièrement celui des jeunes. Elle préconise de recourir à de nouvelles sources de financement comme la taxe sur les transactions financières, la taxe sur les bénéfices des entreprises et celle sur les revenus du capital.

Le 9 mars, la CES a adressé une lettre signée par les principaux leaders syndicaux dont le secrétaire général de l’UNSA, aux responsables européens ainsi qu’aux chefs d’État et de gouvernement pour réaffirmer ses positions. Dans le cadre de l’action et dans les zones frontalières, l’UNSA et les autres syndicats français sont invités à contacter leurs homologues des autres pays afin de prendre des initiatives pour marquer la journée européenne de mobilisation du 24 mars.

Une initiative syndicale franco-allemande est également en préparation.

Le soutien au « Printemps Arabe »

Le comité exécutif a pris position sur le « Printemps Arabe ». Il soutient l’explosion de revendications de liberté et de démocratie dans le voisinage méridional de l’Europe et condamne la violence d’État déclenchée à l’encontre des peuples. Il s’inquiète du relatif silence de l’UE qui traduit un manquement au Traité de Lisbonne. Le comité exécutif relève que la politique de bon nombre d’États membres a souvent été égoïste et cynique, et juge inacceptable toute politique qui sacrifie au nom de l’intérêt économique et de la sécurité, le droit des peuples à la démocratie et au respect des droits de l’homme. Le comité exécutif rappelle le rôle positif joué par la CES dans le processus de transition en Europe centrale et orientale, et affirme que la CES est prête à aider les organisations syndicales indépendantes de notre voisinage méridional. Enfin, il lance un appel urgent pour qu’une solution soit trouvée au conflit israélo-palestinien sur la base des résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies.

Le congrès d’Athènes

Outre ces problèmes majeurs, le comité exécutif a adopté les textes relatifs au congrès d’Athènes (16 au 19 mai) notamment le programme, les nominations, le règlement d’ordre intérieur, les amendements aux statuts mais surtout le projet de résolution générale. Les affiliés sont invités à présenter des amendements pour mi-avril qui seront examinés par le comité exécutif du 28 avril.

La CES confirme ses positions sur le temps de travail

Le comité exécutif a confirmé les positions prises quant à la révision de la directive sur le temps de travail qui prend appui sur la Charte des droits fondamentaux et le Traité de Lisbonne. Il est utile de rappeler que l’amélioration de la sécurité et de la santé des travailleurs au travail est un objectif qui ne saurait être subordonné à des considérations de caractère purement économique. La CES estime que la Commission ne prend pas suffisamment en considération les revendications syndicales et les résultats de l’étude d’impact.

Des recommandations pour améliorer l’équilibre H/F

Le comité exécutif a approuvé une résolution dont le titre résume l’essentiel : « De l’adhésion à la prise de décision : des recommandations pour améliorer l’équilibre des genres au sein des syndicats ». Le bilan montre une tendance générale à l’augmentation de l’affiliation féminine mais le peu de progrès réalisés, entre 2008 et 2010, quant à la présence des femmes à la direction des syndicats. La résolution formule des recommandations à l’égard de la CES d’une part, et des affiliés (confédérations nationales et fédérations syndicales européennes) d’autre part qui sont à mettre en œuvre avant et après le prochain congrès d’Athènes. Parmi les recommandations en direction des affiliés, celle de mettre en place un Plan d’action sur l’équilibre des genres au niveau national et sectoriel et en assurer un suivi régulier.

Un budget pour l’Europe que nous voulons

Le comité exécutif a approuvé une résolution sur « Les perspectives financières de l’UE après 2013 » précédent ainsi la Commission qui fera connaître ses positions en juin prochain. La CES est convaincue que seule une réforme en profondeur du budget de l’UE permettra de progresser vers l’Europe que nous voulons. Il est inacceptable que certains États, dont la France, milite pour un gel du budget empêchant ainsi tout débat sur un projet politique ambitieux pour l’UE. Pour la CES, les priorités portent sur la cohésion économique, sociale et territoriale, la stratégie européenne pour l’emploi, le financement et la gestion des politiques climatiques assurant une transition juste, la politique agricole commune. La CES est convaincue que l’UE a besoin d’une gouvernance économique et sociale qui requiert des moyens nettement supérieurs. Pour ce faire, l’UE doit recourir à de nouvelles ressources comme une taxe sur les transactions financières, une taxe sur les grosses fortunes, une taxe sur les bénéfices des entreprises non réinvestis, une taxe environnementale.

Le comité exécutif a pris note d’un document sur les politiques industrielles et la participation des travailleurs, et d’un autre sur le bilan et les perspectives du dialogue social européen.

| Mentions légales | Archives | Suivre la vie du site | Unsa