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Présidence française du G20 : des engagements nombreux, difficiles à tenir

lundi 31 janvier 2011

L’UNSA estime que le Président de la République a défini un programme très ambitieux pour la présidence française du G20 et du G8, notamment en matière de régulation. A noter également la proposition très positive d’un socle de protection sociale universelle. Ces engagements vont être difficiles à tenir du fait de la perte de vitesse du G20 et des divergences croissantes en son sein.

Lors du lancement de la présidence française du G20 et du G8, le 24 janvier dernier, le Président de la République a proposé, dans le domaine de l’emploi et des questions sociales, de réfléchir à la mise en place d’un socle de protection sociale universelle, mais aussi de donner davantage de poids à l’Organisation Internationale du Travail (OIT). Il a également décidé d’organiser un Sommet social à la veille du G20, ce qui est une première.
La France demande aux membres du G20 de ratifier les huit conventions fondamentales de l’OIT pour les droits humains au travail, ce qui n’est pas une mince affaire pour certains pays.
L’UNSA trouve ici la réponse à certaines de ses revendications adressées au Président de la République, mi-décembre 2010, dans le cadre de la préparation du G20. Il en est de même en matière de financements innovants puisque la France se déclare favorable à une taxe sur les transactions financières pour le développement. A cet égard, il est tout à fait pertinent de donner la priorité à l’Afrique.
Le choix du multilatéralisme et la volonté de régulation exprimée par la présidence française sont manifestes. De la réforme du système monétaire international (mesurer les déséquilibres mondiaux, réguler les flux de capitaux, assurer la transition vers l’internationalisation des nouvelles monnaies), en passant par la lutte contre la volatilité des prix des matières premières, sans oublier le rôle du FMI dans la surveillance des déséquilibres macroéconomiques mondiaux, la création d’une organisation mondiale de l’environnement, la cohérence de toutes les organisations agricoles, l’action des institutions financières par rapport aux normes fondamentales de l’OIT et la création d’un secrétariat permanent du G20, le programme est chargé. La présidence a raison d’associer Angela Merkel et Felipe Calderon qui coprésident le groupe de travail sur la réforme du système monétaire international tandis que Dimitri Medvedev se voit confier une mission sur la régulation des prix des matières premières et David Cameron un travail sur la gouvernance mondiale.
Pour mener à bien tous ces chantiers, la tâche va être rude. Le Président de la République semble déterminé puisqu’il a réaffirmé ces objectifs dans son intervention au 41ème Forum économique mondial de Davos. Mais, le G20 est aujourd’hui en perte de vitesse. Le Sommet de Toronto et surtout celui de Séoul se sont terminés sur des résultats très limités. Si au paroxysme de la crise financière, les membres du G20 ont pu coordonner leurs efforts, désormais les intérêts nationaux ont repris le dessus. Des divergences réelles tendent les relations au sein du G20. En outre, l’Europe et la zone euro n’affichent pas une bonne santé.

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