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711

Installation du nouveau conseil de la CNAMTS

lundi 10 novembre 2014

Le jeudi 6 novembre, Marisol Touraine, ministre de la santé, a installé le nouveau conseil de la Caisse Nationale d’assurance Maladie (voir ci-dessous le texte de l’intervention de François Joliclerc). A cette occasion William Gardey (CFDT) et Yves Laqueille (MEDEF) ont été élus respectivement président et vice-président du conseil. Le conseil n’a pas fait opposition à la nomination par le gouvernement de Nicolas Revel comme directeur général de la CNAMTS.

« Madame la Ministre,

Je souhaiterais, tout d’abord, exprimer mes remerciements pour leur action à ces deux serviteurs de l’assurance maladie qui quittent leurs fonctions aujourd’hui ou dans les jours qui viennent. Michel Régereau qui a toujours privilégié les recherches de consensus, même improbables, au sein de notre conseil en cherchant à dépasser les postures des uns et des autres sans toujours y parvenir. Frédéric Van Roekeghem qui, au-delà des désaccords que nous avons pu avoir, a marqué de son empreinte cette institution et restera parmi les plus grands directeurs qu’elle a compté. L’installation d’un nouveau conseil est l’occasion de rappeler ses grandes priorités, aussi je mentionnerais les principales préoccupations de l’organisation à laquelle j’appartiens, l’UNSA.

Nous revendiquons le droit à la santé pour tous. L’exercice de ce droit exige une assurance maladie solidaire et universelle selon le principe du chacun paye selon ses moyens et reçoit selon ses besoins. Pour cette raison, l’UNSA milite pour la suppression des restes à charge sur les actes et consultations (1 euro) et du médicament (forfait sur les boîtes de médicaments). Elle réclame un plafonnement annuel des restes à charge hospitaliers pour aller vers leur suppression. Je sais, madame la ministre, que vous avez fait un pas dans la bonne direction pour les assurés bénéficiant de l’aide à la complémentaire santé, mais il faut aller plus loin sauf à introduire un critère de revenus dans la prise en charge de la santé, ce à quoi nous nous refusons. Le droit à une assurance maladie solidaire et universelle nécessite la prise en compte de plusieurs solidarités. Quels que soient leurs revenus, tous les résidents en France doivent pouvoir accéder à des soins de qualité. Cela suppose que l’assurance maladie obligatoire intervienne au premier euro sur tous les types de soins. Il ne saurait y avoir de différences entre petits risques et gros risques. Cela suppose que tous nos concitoyens aient accès à une complémentaire santé. C’est pourquoi, l’UNSA revendique la généralisation de la complémentaire santé pour l’ensemble de la population qu’elle soit ou non dans l’emploi. Elle réclame une aide à la généralisation de la complémentaire qui passe par une baisse sensible de la fiscalité sur tous les contrats de complémentaires qu’ils soient collectifs ou individuels sur la base d’une couverture solidaire et responsable. La solidarité entre les territoires doit être assurée. Quels que soient leurs lieux de résidence, les assurés sociaux doivent avoir accès à des soins de qualité. Il faut donc assurer l’égale répartition des professionnels de santé sur l’ensemble du territoire et l’effectivité de la permanence des soins quels que soient l’heure ou le jour. Vous savez qu’aujourd’hui cet accès dans de bonnes conditions n’existe plus pour certaines spécialités. L’UNSA est favorable à une politique conventionnelle forte qui contractualise de bonnes pratiques de santé entre l’assurance maladie, de base et complémentaire, et les professionnels de santé. Cela passe aussi par une extension de la prise en charge forfaitaire autour du patient, de sa ou ses pathologies. Pour être efficace, les interconnexions doivent être fortes entre le sanitaire et le social. De même, la gestion de l’hôpital ne doit plus se faire sans lien avec la médecine de ville. Il faut établir de vraies complémentarités entre ces deux structures qui ont, toutes les deux, selon des formes différentes à assurer le service public de la santé. C’est pourquoi l’UNSA est favorable au développement des alternatives à l’hospitalisation favorisant une prise en charge globale autour du patient. Nous avons toujours été des partenaires loyaux mais exigeants de l’assurance maladie et nous continuerons à l’être dans ce nouveau mandat. »

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