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Discours du Président de la République (Toulon 2) : des vérités qui ne sont pas dites

mardi 6 décembre 2011

Le discours du Président de la République prononcé le 1er décembre à Toulon a été placé sous le signe de la vérité : « il fallait dire la vérité aux Français ». Mais quelle vérité ? C’est, pour l’UNSA, la question qui se pose.

S’il s’agit de constater que la crise financière de 2008 s’est transformée en une crise des dettes souveraines, qui, à son tour, a entraîné une crise économique et sociale, l’UNSA ne peut qu’en être d’accord. L’UNSA a toujours pensé qu’un assainissement des comptes était une nécessité, même s’il devait s’inscrire dans la durée et se conjuguer avec une reprise de la croissance, seule capable, en fait, de permettre de réduire notre endettement.

De même, l’UNSA a toujours plaidé pour une plus grande harmonisation des politiques fiscales et sociales en Europe et a toujours condamné le dumping social et fiscal auquel se livrent aujourd’hui certains pays pour attirer capitaux et emplois. Et, sur ce point, la décision d’aller vers des majorités qualifiées nous convient.

Par contre, la frilosité du Président de la République à évoquer le rôle nouveau que devrait jouer la Banque Centrale Européenne (BCE) ou l’absence des euro-obligations dans son discours augurent mal des réponses concrètes qui seront apportées à la résolution de la crise, le 9 décembre, lors du sommet européen.

Il reste que ce discours plaidoyer comportait un angle mort : celui de notre modèle social. Oui ou non les politiques de rigueur qu’appellent de leurs vœux le Président de la République et la chancelière allemande vont-elles remettre en cause fondamentalement le modèle social français et, au-delà, le modèle social européen ? Quelles seront la nature et la profondeur de ces remises en cause ?

Quelles seront, par exemple, leurs conséquences pour notre système de sécurité sociale ? Voilà des vérités qui, pour l’instant, ne sont pas dites. Et il est peu probable que le sommet social prévu en janvier, même s’il peut s’avérer utile, ait pour fonction de répondre à ces questions. Or, celles-ci, et les réponses qu’on doit y apporter, sont, pour l’UNSA, essentielles. Elles conditionneront la vie quotidienne de nos concitoyens pour les années qui viennent.

Ce débat ne doit pas être escamoté. Devant le nouveau modèle social qui s’annonce et qui s’inscrivait en creux dans le discours de Toulon, les forces sociales doivent faire entendre leur voix. Au nom de la rigueur, nous n’accepterons pas la régression sociale qui semble se profiler. L’UNSA fera de ce sujet l’un des axes majeurs de son action, dans les semaines et mois qui viennent.

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